La Boîte à Critiques 3

The Queen



de : Stephen Frears

sortie ciné :    octobre 2006

sortie DVD :    avril 2007

 

        Reconnu et président du jury du festival de Cannes l'année suivante, Stephen Frears est l'un des réalisateurs anglais des plus respecté. C'est un intérêt croissant pour la politique et la monarchie qui gouverne son pays qui le poussèrent à faire The Queen, un film à la vérité documentaire passionnante sans toute fois être un paphlet pour quiconque.

       Mai 1997, un nouveau premier ministre a été choisi par le peuple anglais pour le représenter face à la reine Elizabeth II. Elu à une écrasante majorité, le chef du parti travailliste Tony Blair ne sait pas encore qu'il se trouve aux portes d'un boulversement des valeurs envers les institutions.
    Dimanche 31 Août 1997, Diana Spencer meurt lors d'un terrible accident de voiture sous le pont de l'Alma à Paris. Au château de Balmoral, la famille royale ne sait qu'elle serait la meilleure chose à faire et décide de ne pas réagir. De son côté, le premier ministre sent que ce drame gagnera une ampleur sans précédent au sein de la population.
    Au long des jours de cette semaine infernale, les décisions de chaque partie en présence s'opposent, parfois même dans leurs propres rangs. Un duel se monte alors entre la reine et ses solides institutions aux pieds d'argile face à Tony Blair et sa vision moderne plus adéquate aux évènements.

       N'ayant que 11 ans à l'époque, je ne me rappelle pas aussi bien de tout ce qui est reporté dans le film. Par contre, toutes les personnes plus âgées que moi qui regarderont The Queen auront leur mémoire ravivée au fer rouge de la mort de Diana qui secoua le monde populaire. Je me doute que bien des journalistes ont été déçu de ce film car il ne prend pas franchement parti contre le système monarchique. Au début, nous ne voyons que l'image faussée d'un souvenir inexact, soit une famille royale froide, distante et désintéressée du sort de la plus célèbre des défuntes, creusant encore plus l'écart qu'elle tient avec son peuple. Puis plus le film avance et Stephen Frears nous montre une famille royale plus désemparée et ne sachant plus quoi faire pour quelqu'un qui ne leur avait pas donné le moindre intérêt. Car bien que Diana Spencer était une personne dotée des plus grandes qualités, elles n'étaient pas rendues à la famille royale qui se retrouva décisionnaire du procesus funéraire. Trois castes se forment. La première rassemble la famille royale et ceux qui ne désirent prendre de décisions. La seconde est composée des anti-royalistes menés par en tête par l'équipe de Tony Blair. Le dernier groupe et un duel permanent entre le reine et son premier ministre, se révélant l'un à l'autre tout au long du film. The Queen trouble le plus par sa similarité visuelle. Helen Mirren EST Elizabeth II et Michael Sheen est un Tony Blair plus vrai que nature. Le reste du casting suit aussi cette directive, mais la ressemblance n'est pas leur seul atout, leur jeu est leur principal et nous plongeons volontiers dans cette affaire souterraine, entre politique et société, que ce drame avait boulversé l'opnion public et que les tabloids ne faisaient qu'attiser la colère croissante de la population contre la reine en personne. Au-delà, une allégorie animale au destin de la reine est une liberté scénaristique (voire poétique) que Stephen Frears aurait pu se passer, mais The Queen  reste un excellent film de société, mêlant secrets et politique pour éviter que l'Angleterre ne bascule malgré elle dans l'anarchie la plus complète.




Article ajouté le 2007-05-20 , consulté 137 fois

Commentaires


Ozakarr le 12/06/2007 à 13:32:00
Hé bien Eva ! ça me fait super plaisir de te revoir en si grande forme sur ce film !
Une superbe critique !!!
Eva le 12/06/2007 à 11:29:28
Je ne vais pas revenir sur l'interprétation, parfaite, de l'ensemble d'un casting confondant de justesse et de mimétisme, tout a déjà été dit (et les oscars distribués, merci pour Helen Mirren).

Stephen Frears réussit un vrai exploit avec ce film au sujet encore brulant. Si la monarchie brittanique a brillament sur, depuis quelques années, regagner sa place dans le coeur des britannique, c'est bien à la lumière de ce film que l'on peut mesurer l'ampleur du sacrifice consenti par la reine pour coller aux attentes de son peuple.

Femme d'un autre temps, d'un autre monde, celui des vieilles et formalistes monarchies européenes, Elisabeth II n'est pas faite pour la valse médiatique. On sent, dans chaque scène de "The Queen" cet antogonisme entre elle et le monde extérieur.
Balmoral, filmé en cadre large, prend toute sa dimension grandiose, tandis que les passages apparatenant à Tony Blair sont filmé caméra à l'épaule, en champ rétréci, donnant un dynamisme incroyable aux images, totalement opposé à la pompe et à l'étiquette de la cour.

La scène où la reine parle d'une éventuelle abdication aux côtés de sa mère est bouleversante, car elle parvient, en quelques mots à saisir l'étendue de la fonction royale, ainsi que le poids pesant sur les épaules de cette femme portant seule la monarchie à bout de bras.

On a finalement de la sympathie pour cette femme, qui était injustement apparue alors par le prisme des médias comme une sorte de sorcière terrée dans son chateau.

J'ai trouvé les scènes avec le cerf particulièrement habiles, pour plusieures raisons. On peut y voir une allégorie de la vie de la reine, tout comme un reflet du destin du Diana qui s'échappant du domaine royal trouvera la mort, celle ci donnée précisement par ce que la princesse cherchait à fuir (le cerf tente de sauver sa peau des chasseurs, Diana d'échapper à la pression des médias). Mais on peut aussi y voir le seul moment où la reine fait montre d'un peu de compassion, en pleurant pour cet animal, symbole d'un autre temps, le sien, fusillé par des ignorants.
Mémilie le 23/05/2007 à 20:16:05
moi qui ait vu ce film, et meme si j'étais encore une pitite fille de 110 à l'époque de ce tragique accident, je peux quand meme donner mon avis... en effet, ce film n'est pas vraiment un film contre la famille royale... mais il préfère montrer une facette de la famille royale auquelle on n'avait pas pensé...certes on retrouve le coté froid et distant que l'on peut retrouver chez la famille royale, mais le désemparement, on y pensait guère... après tout, tout ce qu'on savait c'est que la reine n'aimait pas Diana. ce film est une petite merveille, de par sa réalisation (on retrouve le génie de Stephen Frears), mais aussi par la merveilleuse prestation d'une Helen Mirren au trait quasi similaire à ceux de la Reine. Un film à voir pour le possible envers du décor de la couor royale, mais aussi pour découvrir une magnifique prestation d'une actrice largement récompensé pour son role, et qui le mérite.

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